Association loi 1901 · Accès à l'eau en milieu aride dans l'Atlas marocain
Le projet en détail

L'eau, « source de vie », pour les villages de Zagmouzen

Des forages de puits équipés de pompes immergées alimentées par l'énergie solaire, et un mini-barrage pour capter les eaux de pluie.

Le contexte

Le Maroc est un pays à l'agriculture vivrière, gourmande en eau et très dépendante des aléas climatiques, où l'insécurité alimentaire est chronique et la pauvreté rurale aiguë. Sous l'effet conjugué de pratiques d'exploitation inadaptées et du changement climatique, la dégradation des ressources naturelles y est alarmante.

La question de l'eau est cruciale, pour l'agriculture comme pour les troupeaux. Il existe encore au Maroc des milliers de villages sans eau, ou dont l'eau n'est pas potable. Dans certaines zones, les villageois ont encore recours à des rivières et à des retenues d'eau à la qualité douteuse, où bêtes et hommes se pressent pour se désaltérer.

Pourtant, grâce à un ensoleillement important et à une nappe phréatique intéressante, le pompage de l'eau par des pompes solaires photovoltaïques est une solution très séduisante pour l'alimentation en eau des sites isolés.

« Chaque goutte est comme de l'or. Il faut presque la mesurer par carat. »

Sur le terrain

Sous un soleil de plomb, dans la région de Zagmouzen (sud-est du Maroc), on connaît la valeur de l'eau. Perdu dans la montagne en plein pays berbère, à une vingtaine de kilomètres de Taliouine, le village de Taguejdite vit essentiellement d'une petite agriculture vivrière et de son bétail.

« Ici, les paysans travaillent sur de petites exploitations qui suffisent à peine à nourrir leur famille », explique Lhoussain Najib, président de l'association locale Arbalou. Isolement, exode rural, champs abandonnés, érosion des terres : le cycle est classique, avec toujours en arrière-plan les difficultés d'accès à l'eau.

En l'absence de réseau électrique, les agriculteurs comptaient sur la pluie ou sur les rivières. Avec la sécheresse et le réchauffement, la pluie est de plus en plus aléatoire. Comment lutter contre ce phénomène ? « Grâce au pompage solaire ! », répond M. Najib, dont l'association œuvre pour encourager le retour des populations sur leurs terres.

Le projet

Le projet met l'énergie solaire photovoltaïque au service de l'accès à l'eau. Il soutient un développement rural intégré, en s'appuyant sur la technologie solaire et sur les savoirs locaux.

Les localités ciblées manquent cruellement d'eau, sont très éloignées des réseaux et comptent au moins 320 familles. L'installation, sur un site commun aux 8 villages concernés, comprend :

  • un forage, réalisé à la suite d'une étude géophysique ;
  • une pompe immergée et un onduleur ;
  • des panneaux solaires et tous les accessoires nécessaires.

Parallèlement, nous développons un projet de mini-barrage de retenue, destiné à capter et stocker les eaux de pluie afin de renforcer durablement les ressources en eau de la région.

Résultats attendus

Le puits permettra aux populations rurales de la commune de Zagmouzen de satisfaire durablement leurs besoins en eau, pour le bétail et pour les gens de passage.

  • 12 bergers pour 12 enclos, dans un rayon de pâturage de 10 km, soit environ 3 000 têtes de caprins et d'ovins.
  • 8 villages d'environ 40 familles chacun, soit 320 familles. Elles empruntent la vallée où le puits sera creusé pour rejoindre leurs parcelles, sur le plateau un peu plus haut. Chacun pourra y boire ou remplir ses bidons.
  • Les nomades qui, depuis le début de la sécheresse il y a une trentaine d'années, sillonnent la région avec leurs troupeaux à la recherche de pâturages, pourront aussi s'y ravitailler.

Une charte sera signée par les bénéficiaires pour interdire l'usage de cette eau pour l'irrigation, à l'exception d'une petite parcelle d'environ 250 m² : un potager pour les bergers qui s'occupent des bêtes près des enclos. Le puits a pour vocation première d'étancher la soif des troupeaux et des animaux sauvages.

Le principe est simple, le matériel est facile à entretenir et durable, et le soleil est une source d'énergie stable, fiable, propre et inépuisable.

Et ensuite

  • Sensibiliser et mobiliser : informer et accueillir divers publics sur le site, animer des ateliers.
  • Former et transmettre : expérimenter et transmettre des savoir-faire auprès des bergers, des agriculteurs et du grand public.
  • Accompagner et essaimer : soutenir et promouvoir des projets qui font levier pour la transition agroécologique.
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